L'espérance demeure quand même presque sans limites

Comme dans l'urne de Pandore. Et cela malgré toutes les ombres au tableau tracé par H.P.B. Si la parole de l'Écriture rappelée par Jésus est bien vraie :

« J'ai dit : vous êtes des dieux » [Jean, 10, 34],

il nous incombe de faire de cette potentialité une réalité vivante. Cette promesse est formellement répétée dans l'ésotérisme des grands systèmes religieux et philosophiques. En Inde, bien sûr, et dans le bouddhisme. N'est-ce pas ce que nous dit, en substance, ce passage de La Voix du Silence [p. 43] :

« [...] a l'intérieur de ton corps, tabernacle de tes sensations, cherche dans l'Impersonnel l"'Homme éternel", et, l'ayant trouvé, regarde en dedans : tu es Bouddha. » 29

En conséquence, il nous incombe de faire croître et épanouir ce germe de Dieu, ou de Bouddha (le tathagatagarbha dont parlent les bouddhistes). L'avenir est entre nos mains... Sans doute, si on croit au pouvoir du libre arbitre, dans le cadre de la réincarnation soumise à karma. Mais l'homme moderne aimerait, comme toujours, un peu plus de concret, pour l'encourager. Ce Maître intérieur se fait-il parfois reconnaître ? En dehors de la voix de la conscience, ou de l'intuition ? Nous avons déjà évoqué les rêves. Certains ont un message très précis qu'on ne saurait imputer à l'imaginaire mais qui doit manifester quelque chose de l'omniscience du Soi-Ego. À ce propos, Mme Blavatsky a déclaré (dans le livre cité plus haut) :

« Les rêves avertisseurs ou prémonitoires exigent la coopération active de l'Ego intérieur. Souvent, également, ils sont dus a la coopération consciente ou inconsciente de deux personnes vivantes, ou de leur Ego. » [pp. 46-50]

Mais quid des rêves prophétiques ?

« Ceux-ci sont imprimés sur notre mémoire par le Soi supérieur et sont en général clairs et nets : ou bien c'est une voix qui se fait entendre, ou bien c'est l'événement à venir qui est vu à l'avance. » [p. 60]

De même, certains rêves rétrospectifs peuvent ramener à la conscience des événements remontant à des incarnations passées. Parfois il s'agit de mises en garde avertissant d'une urgence dans le présent, ou le proche futur. Éventuellement, il peut s'agir de prévenir des personnes connues, incapables elles-mêmes d'être impressionnées [p. 60]. Tout cela tend bien à conforter l'idée d'une réelle familiarité entre le moi terrestre et son Soi profond (qui profite des moyens - très réduits - à sa disposition pour transmettre ses messages). Il existe, cependant, des exemples beaucoup plus surprenants illustrant ce genre de communication, comme celui que j'ai déjà signalé dans Mourir pour renaître [pp. 181-4].

En bref, l'histoire nous renvoie en Russie, à une époque où le futur héros de la guerre du Caucase, Alexis P. Yermoloff, n'était encore que lieutenant-colonel. On apprend qu'après une éprouvante journée de travail, passée à enquêter dans une bourgade populaire, l'officier, assis à son bureau, avait été pris d'une soudaine somnolence. Peu après, en sortant de sa rêverie, surprise ! la feuille de papier blanc qui se trouvait sur le pupitre était maintenant couverte d'un long texte manuscrit - de la propre écriture de Yermoloff ! À la lecture, on découvrait l'histoire future du héros, tous les événements importants qui la marqueraient, chronologiquement, en terminant par la date et l'heure prévues pour sa mort. Passons sur l'abîme de réflexion où se trouva plongé notre homme, imaginant, au sortir de son bref sommeil, qu'il avait écrit tout cela sous la dictée d'un visiteur inconnu... Bien entendu, tout allait se passer dans les faits, comme précisé sur la feuille. Jusqu'au bout : Yermoloff mourut l'année, le jour et l'heure prédits. Madame Blavatsky n'a pas manqué de commenter l'affaire, dans un article paru dans Lucifer (juin 1890), sous le titre (français) : « Un prophète astral ». Pour elle, il fallait commencer par rappeler l'un des enseignements fondamentaux de la philosophie ésotérique :

« [...] en déclarant que, d'une part, l'Ego immortel individuel possède une omniscience divine dans sa nature et sa sphère d'action propres et, d'autre part, qu'il ne connaît dans l'Eternité ni passé ni futur, mais un éternel PRÉSENT. Cet enseignement une fois admis, ou simplement postulé, il apparaît tout naturel que la totalité de l'existence de la personnalité que cet Ego anime, de sa naissance jusqu'à sa mort, soit aussi clairement visible aux yeux de celui-ci, qu'elle est invisible et cachée à la vision limitée de sa forme mortelle temporaire. »

En fait, voici probablement ce qui s'est passé : la rêverie de l'officier fut une sorte d'assoupissement soudain, dû à la fatigue, permettant une action mécanique, d'un caractère pratiquement somnambulique :

« Devenant subitement consciente de la Présence du Soi supérieur, la personnalité - l'automate humain endormi - tomba sous le contrôle de l'Individualité, et la main, qui avait été occupée pendant plusieurs heures à écrire, reprit mécaniquement sa tâche. À son réveil, la personnalité pensa que le document placé devant elle avait été écrit sous la dictée d'un visiteur dont elle avait entendu la voix, alors qu'en réalité elle n'avait fait qu'enregistrer les pensées intimes - ou la connaissance, dirons-nous - de son propre "Ego" divin, qui est un Esprit prophétique du fait qu'il est omniscient. La "voix" de celui-ci n 'avait été que la traduction par la mémoire physique, au moment du réveil, de la connaissance mentale en rapport avec la vie de l'homme mortel reflétée par la conscience supérieure sur la conscience inférieure. »

Nous retrouvons ici maintes idées développées précédemment. Et, ici encore, ce curieux phénomène s'est produit au moment où le « geôlier » a relâché sa garde sur son prisonnier, le temps d'une courte rêverie. Qu'arriverait-il si ce cerbère devenait un serviteur attentif de tous les instants ? On note dans la Clef [p. 147] que si l'Ego spirituel « pouvait se manifester sans interruption et sans entraves, il n'y aurait plus d'hommes sur la Terre : nous serions tous des dieux ». Le cas Yermoloff est spectaculaire mais rarissime. Également peu fréquent, le génie, quand il fleurit chez un être humain, a au moins le mérite d'attirer l'attention des foules et donne lieu à des biographies pleines de questions, qui restent souvent insolubles. Comment une telle merveille a-t-elle pu éclore dans un simple mortel - par ailleurs si semblable aux autres - et souvent au sortir de l'enfance ? Mme Blavatsky ne devait pas manquer d'aborder ce problème dans l'un de ses articles de la revue Lucifer (nov. 1889), sous le titre « Genius » (= le génie). Dans l'optique de la philosophie ésotérique, elle écrit:

« La flamme du génie n'est pas allumée par la main d'un Dieu anthropomorphe [ni par le hasard] mais par celle du propre Esprit de l'homme. Il est de la nature même de l'Entité spirituelle - ou de notre Ego - de tisser sans cesse de nouvelles trames de vie dans la chaîne des réincarnations tendue sur le métier du temps [...] c'est cette nature qui s'affirme plus fortement dans la personnalité du génie que chez l'homme ordinaire ; et ce que nous appelons les "manifestations du génie chez une personne" ne sont que les efforts plus ou moins couronnés de succès de cet Ego pour s'affirmer sur le plan extérieur de sa forme objective - l'homme d'argile - dans la vie journalière, prosaïque, de ce dernier. »

Aucun Ego n'est différent d'un autre dans son essence et sa nature originelles et primitives : que ce soit celui d'un Eschyle ou d'un Shakespeare, ou celui d'un rustre, d'un ignorant ou même d'un idiot. Ce qui fait d'un mortel un grand homme ou, au contraire, une personne vulgaire et stupide, c'est la qualité de l'enveloppe physique et psychique à travers laquelle doit s'exprimer la lumière de l'homme intérieur réel ; et « l'aptitude, ou inaptitude, de cette enveloppe (où l'être se trouve incarné) est, à son tour, le  résultat de karma ».

« Pour employer une autre similitude, l'homme physique est comme l'instrument de musique et l'Ego, l'artiste musicien. [...] En poursuivant notre comparaison, l'homme physique [dans sa constitution terrestre]peut être un stradivarius d'une valeur inestimable, ou un violon bon marché et fêlé [...] dans les mains du Paganini qui l'anime. »

Pour résumer le point de vue de l'ésotérisme :

« [...] la présence dans l'homme de divers pouvoirs créateurs, collectivement appelés "génie", n'est pas due à un hasard aveugle, ni à des qualités innées transmises par hérédité (bien que ce qui est connu sous le nom d'atavisme puisse souvent renforcer des facultés) mais à l'accumulation d'expériences individuelles antérieures de l'Ego, au cours de sa vie ou de ses vies précédentes. Car, bien qu'étant omniscient dans son essence et sa nature, cet Ego requiert encore les expériences que lui fournit la terre, sur le plan objectif, par l'intermédiaire de ses personnalités, pour leur appliquer les fruits de cette abstraite omniscience. »

En bonne logique, comme on peut le comprendre :

« La culture de certaines aptitudes au cours d'une longue suite d'incarnations passées doit finalement aboutir, dans une vie particulière, à l'épanouissement d'un génie, dans l'une ou l'autre direction. »

Ainsi, « dans chaque manifestation du génie - quand il s'unit à la vertu - dans le héros ou le barde, dans le grand peintre, l'artiste, l'homme d'État ou de Science, planant bien au-dessus de la masse vulgaire », cette philosophie ésotérique nous invite à voir « la présence indéniable de l'exilé céleste, l'Ego divin... » 30. Sans doute y a-t-il eu des génies dans l'humanité et, assurément, il y en aura toujours dans le futur, si la réincarnation est un fait. Peut-être même leur nombre ira-t-il en croissant, si les humains se mettent à sentir davantage l'appel du Divin en eux. En définitive, chaque enfant qui naît en ce monde, à quelque nation qu'il appartienne, ne porte-t-il en lui comme la promesse de tout le génie humain qui fleurira jamais sur notre Terre - dans les millions d'années qui restent à courir ?

Pour en revenir à notre article : jusqu'où peut aller aujourd'hui le vrai génie, « allumé à la flamme de notre nature spirituelle » ? « Selon le point de vue d'une humble occultiste [H.PB.], seuls de nobles personnages altruistes, comme le Bouddha ou Jésus, et leurs quelques rares disciples immédiats, ont le droit d'être considérés, dans notre cycle historique, comme des GÉNIES pleinement développés. » « C'est d'ailleurs pourquoi le génie authentique a vraiment peu de chance, en cet âge d'attachement aux conventions, d'hypocrisie et de servilité, d'être reconnu à sa juste valeur. À mesure que le monde croît en civilisation, il développe un égoïsme farouche, et lapide ses vrais prophètes et génies, au bénéfice de leurs ombres grimaçantes. » 31 Mais, dira-t-on, pourquoi donner la préférence à ces phares de l'humanité, depuis si longtemps disparus ? J'aurais envie de répondre : parce qu'ils ont incarné en eux-mêmes tout ce qu'il était possible de faire rayonner  ici-bas de l'Esprit divin :

L'omniscience de la Sagesse et l'omnipotence de l'Amour.

En apportant aussi l'espérance, donnée même au plus humble : la voie qui s'ouvre à chacun pour devenir à son tour un enfant de lumière. Toutes ces réflexions ne sont pas anodines. Si un Bouddha ou un Jésus - ou telle autre « grande âme » (mahatma, en sanskrit) - doit avoir tellement d'importance à nos yeux c'est qu'il représente un « libéré vivant », qui non seulement est allé au-delà de la mort mais en est revenu, pour demeurer parmi nous. Un Ressuscité dans un corps plein de vitalité, qui a tenu à témoigner de la résurrection parmi ses frères humains. Essayons d'éclaircir ce mystère.

Pour chacune des « monades-filleules » qui fait l'expérience de la vie terrestre dans l'aura de son Parrain, chaque existence se solde, comme on l'a vu, par un bilan positif, une accrétion, qui vient s'ajouter dans « l'âme-fil » au butin spirituel de toutes les vies, jusqu'au moment où s'opère, dans ce trésor accumulé, la grande transmutation finale où la filleule - merveilleusement grandie et épanouie - s'unit en pleine conscience, et pour toujours, à son Parrain dans une sorte de mariage sacré - un hiéros gamos - qui n'est pas célébré dans le rêve paradisiaque d'un Ciel transitoire (qui ne serait finalement que le prolongement idéalisé de la sphère terrestre) mais dans la splendeur rayonnante du Logos, source éternelle de toute vie et de toute conscience.

Les mots manquent pour évoquer ces choses ; mais il doit être clair que, désormais, Parrain et monade-filleule sont affranchis de toute astreinte à l'incarnation : « la mort a été vaincue », et, comme l'a suggéré Sohrawardî, le Sauveur se trouve aussi sauvé, par cette résurrection, l'enfantant est aussi enfanté, au terme de l'alliance fertile qui avait tenu ensemble les deux Pair-Companions pendant un si long temps. Cette fois, l'Archange Gabriel a retrouvé l'éclat de ses deux ailes et l'âme humaine, entièrement spiritualisée, jouit d'une conscience personnelle permanente, où rien ne demeure d'un Moi-Je séparé, qui n'a plus cours à ce niveau où l'union profonde est ressentie, vécue, avec tous les êtres de la Nature entière, dans la lumière du Logos. À ce point, l'âme devra se tenir prête à devenir éventuellement un Parrain à son tour, en s'associant plus tard à une monade encore en sommeil. Pour l'heure, cependant, c'est vers les mortels humains qu'il y aurait lieu de se tourner - dans le rôle d'Éveilleur, de Guide, comme l'ont fait le Bouddha et Jésus, et, sans doute, bien d'autres initiés parmi les hommes. La Grande Loi spirituelle de Solidarité appelle maintenant le « Sauvé » à devenir « Sauveur », pour aider d'autres compagnons moins avancés sur le chemin. N'a-t-il pas jadis bénéficié lui-même d'un tel secours ?

Ces cas de définitive « victoire sur la mort » (à l'issue des plus hautes initiations, il faut le préciser) sont sans doute fort rares. N'y aurait-il pas des exemples moins sublimes, où l'on verrait un honnête homme subir à son insu une forte influence de son Maître intérieur, sans pour autant être un yogi ou le disciple d'une Haute École spirituelle ? Rien ne peut arriver par hasard. Il faut encore se placer dans la perspective de la réincarnation. Imaginons d'abord un homme (ou une femme) qui consacre beaucoup d'énergie et d'efforts à tenter de vivre un idéal de pureté et de droiture. Bien sûr, l'Ego divin ne manquera pas de soutenir cette démarche. La mort viendra, le temps d'un repos, d'un ressourcement. Et l'être va renaître, entraîné « irrésistiblement » dans le même sens. Dans le cas le plus favorable, il finira par atteindre, au bout de plusieurs existences peut-être, une sorte de sainteté et une grande clarté mentale. S'il suit une religion dogmatique, il y retiendra ce qui peut nourrir en lui une ardente vie intérieure. Ce serait trop beau pour être vrai ! Peut-être, mais, même rare, un tel cas peut se présenter. Madame Blavatsky a évoqué l'exemple de Jacob Boehme comme remplissant précisément ces conditions. On connaît son histoire. Homme sans véritable culture, cordonnier de son état, il vécut et mourut à Gôrlitz (Silésie), de 1575 à 1624. Mais, très grand mystique, doué de pouvoirs extraordinaires, il écrivit plusieurs ouvrages, pleins de vérités universelles qui déconcertent les spécialistes modernes. Sans nul doute, cet homme étrange, reconnu comme un grand théosophe (occidental), a bénéficié des lumières omniscientes de son Ego profond. Comme l'a écrit H.P.B. (dans son Glossaire théosophique) : « C'est cet Ego que Jacob Boehme, comme beaucoup d'autres mystiques non entraînés, a pris à tort pour Dieu. "L'homme doit reconnaître", a-t-il écrit, "que son savoir n'est pas à lui mais vient de Dieu, qui manifeste les Idées de la Sagesse à l'âme de l'homme selon la mesure qui lui plaît." » Si Boehme s'était rendu maître de l'occultisme oriental, il se serait exprimé autrement : « Il aurait su alors que le "dieu" qui s'exprimait par la voie de son cerveau sans culture, ni entraînement, était son propre Ego divin, la Déité omnisciente présente en lui, et que ce que donnait cette Déité n'était pas "selon la mesure qui lui plaisait" mais selon celle des capacités de la demeure mortelle et temporaire qu'elle investissait. » Dans le même sens, il convient d'ajouter ici les réflexions que suggère à Mme Blavatsky le passage du prologue de saint Jean« nul homme n'a jamais vu Dieu » :

« L'idée qu'un homme peut avoir de Dieu c'est l'image d'aveuglante lumière qu'il voit réfléchie dans le miroir concave de son âme ; toutefois, en vérité, ce n'est pas Dieu mais sa réflexion. Sa splendeur est bien là, mais c'est la lumière de son propre Esprit que l'homme perçoit - et c'est tout ce qu'il peut supporter de contempler. Plus clair est le miroir, plus brillante sera l'image divine 32. Mais [bien sûr], le monde extérieur ne peut y être perçu en même temps. Chez le yogi en extase, le voyant illuminé, l'Esprit va briller comme le soleil de midi ; chez la victime avilie de l'attraction terrestre, le rayonnement a disparu, car le miroir est obscurci par les souillures de la matière. De telles personnes renient leur Dieu et, du coup, priveraient volontiers l'humanité de toute âme. » [Isis Univeiled, I , XVIII]

Tout cela donne à rêver, mais n'y trouvons-nous pas matière à confirmer très largement ce qu'on pouvait entrevoir en réfléchissant au contenu des NDE ? Les modernes rescapés de la mort, qui n'étaient, au départ, ni des yogis ni des saints, sont revenus pleins d'une foi nouvelle, avec l'envie d'en savoir plus sur l'Être de Lumière dont ils se sentent encore accompagnés. En les écoutant, que nous manquerait-il pour nous convaincre un peu plus de la réalité de ce Soi profond, de cet Ego spirituel, qui compte sur le meilleur de nous-mêmes pour que nous nous accomplissions, en relâchant ainsi les liens qui retiennent prisonnier l'« exilé céleste », afin de hâter par nos efforts l'heure du lointain mariage sacré, qui est programmé pour nous au Grand Livre de notre destiné divine ?


29. Comme on peut le comprebdre sans peins, l'« Homme éternel » renvoie au Maître intérieur qui réside dans ce qui transcende la personnalité (on dirait peut-être; de nos jours, « dans le transpersonnel ». Tu es « Bouddha » : c'est la promessse de l'Éveillé futur, non le Siddhârtha historique de jadis. [retour texte]

30. Ici, H.P.B. termine sa phrase, en réalité, par ces mots « l'Ego divin, dont tu es le geôlier, ô homme matériel ». Ce qui s'accorde bien avec ce que nous avons vu plus haut. Dans cet article de 1889, l'auteur multiplie d'ailleurs les qualificatifs désignant cet Ego divin - comme pour en donner la nostalgie à ses lecteurs. À part ceux qui apparaissent déjà dans les paragraphes précédents, notons également: « la sur-âme de l'homme », « l'esprit divin emprisonné », « le dieu exilé à l'intérieur de la personnalité », « le dieu immortel en nous », « le divin captif », « l'étoile conductrice », sans parler du « Mânasaputra, fils de la Sagesse ». Manque encore, dans cette série, « le Maître intérieur » - mais ne se cache-t-il pas dans toutes ces formules ?  [retour texte]

31. A son époque, Mme Blavatsky reconnaissait encore aux « masses houleuses et ignorantes, qui forment le grand cœur du peuple » la capacité de « percevoir intuitivement une véritable "grande âme", pleine d'amour divin pour l'humanité et de compassion céleste pour l'homme souffrant ». Que dirait-elle aujourd'hui, à l'heure où le grand cœur du peuple est modelé par la télé, la religion du foot et la fascination de l'Internet ?  [retour texte]

32. On n'oublie pas que l'Ego divin dans chaque homme est comme le « délégué », ou le « substitut » du Divin cosmique. Peut-être faut-il comprendre ici que la lumière perçue est celle qui rayonne du Logos lui-même, mais est transmise à la conscience individuelle par le prisme, ou le foyer, du Maître intérieur. Au total, une lumière « réfléchie », de quelque manière.  [retour texte] 

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