Le Régent intérieur (article de B.P. Wadia)

[Cet article, de B.P. Wadia, est traduit de la revue The Theosophical Mouvement. Vol. XXIX, p. 9, et il est édité par Textes Théosophiques – Cahier Théosophique n°108]

De nos jours, beaucoup de personnes sont désireuses de changer leur façon de vivre ; l'existence monotone des unes, la vie difficile et ingrate des autres, les ont amenées à chercher une explication qui leur permette de vivre la vie de l'âme et non plus la vie du corps. Les enseignements théosophiques des Grands Maîtres de la Sagesse donnés par l'entremise de H.P. Blavatsky (H.P.B.), concernant l'application pratique des vérités spirituelles à la vie quotidienne, répondent à ce désir et à cette recherche. Les étudiants de la Théosophie sont supposés s'efforcer de vivre la vie supérieure ; mais en ces derniers temps, on semble avoir oublié ce point essentiel. Du temps de H.P.B., cette question était d'un intérêt primordial. Si nous étudions soigneusement la littérature théosophique qui contient des instructions spéciales pour les étudiants aspirant à la vie spirituelle, nous trouverons des passages traitant du développement des pouvoirs intérieurs. Ces pouvoirs ne sont pas de nature psychique, mais de caractère spirituel ; ils visent à fortifier l'individualité, à la maîtriser de telle sorte que l'homme puisse s'en servir à son gré. H.P.B. répète sans cesse que rien ne peut être fait avant que le disciple ne soit suffisamment fort et prêt pour affronter les difficultés de la vie intérieure, de la vie spirituelle. Si nous lisons les expériences de ceux qui ont parcouru le sentier de l'Occultisme ou du Mysticisme, nous voyons qu'ils eurent leurs propres difficultés intérieures à surmonter et qu'ils ne furent capables de le faire que dans la mesure où ils avaient développé la force de leur propre individualité.

Nous nous attendons trop souvent à ce qu'on prenne soin de nous et à ce qu'on nous nourrisse spirituellement, à ce qu'on nous donne des instructions à suivre au point que, bien souvent, nous ne tenons pas compte du principe primordial et essentiel de la vie spirituelle, à savoir que le sentier ne peut être parcouru par personne sans l'aide intérieure qui lui vient de sa propre conscience ; les Maîtres ne peuvent qu'indiquer le sentier, tandis que nous avons à le suivre, et la seule aide qu'Ils peuvent nous donner consiste à nous signaler les qualifications requises pour parcourir le sentier. À nous de développer ces qualifications. Il faut que le travail soit accompli par nous. Personne ne peut nous aider dans cette tâche, pas même les Maîtres ; et c'est là un facteur que nous oublions parfois. Nous pensons souvent que si nous sentons en nous le désir d'être instruits par Eux ce désir se réalisera. Il n'en est rien. Nous avons à faire notre propre instruction. Dans un sens peut-être légèrement exagéré, l'on peut dire que les Maîtres ne se préoccupent pas de nous instruire ; ce qu'ils désirent, c'est faire usage de nous et de nos capacités pour Leur travail, mais la plupart d'entre nous sont dans une attitude d'esprit dont les Maîtres ne peuvent se servir, parce qu'ils n'ont pas construit une forte individualité. Une individualité puissante est donc le premier facteur, le facteur essentiel de la vie spirituelle. Si nous voulons devenir des disciples, il nous faut être fort. Aucun Maître n'a besoin d'un enfant qu'il faille guider par la main, et à qui l'on doive dire sans cesse ce qu'il peut ou ne peut pas faire.

Dans les enseignements du Bouddha, alors que celui-ci instruisait un nombre restreint de disciples choisis, on voit qu'il leur enseignait à se détacher des choses extérieures. Il leur disait que les cérémonies et les rituels constituaient des entraves pour les progrès de la vie spirituelle. Si nous appliquons cet enseignement aux choses qui nous soutiennent dans la vie quotidienne, nous voyons que nous nous appuyons beaucoup trop sur des choses mineures que nous considérons comme importantes, au lieu de nous attacher aux choses nobles et saintes. C'est ce qui empêche la plupart d'entre nous de faire des progrès rapides, car, en ceci comme en toute chose, le premier pas est le plus difficile. Atteindre à cette conscience intime qui proclame : « C'est décidé; je vais trouver le Maître, je vais faire des progrès dans la vie spirituelle, et personne sur terre ou au ciel ne m'en empêchera » — voilà le premier point requis.

Il est bon de lire à ce sujet ce que H.P.B. a écrit. Si nous appliquons ses enseignements à nous-mêmes, nous verrons que nous avons gaspillé beaucoup de temps, que nous avons trop compté sur une aide extérieure, que nous avons attendu des ordres du dehors, oraux ou écrits, qui ne se sont pas présentés et ne se présenteront pas. Dans la vie spirituelle, on ne peut donner de règles définies, ni précises, applicables à tous. Cela n'est pas possible. Autrefois, alors même que l'Instructeur ne prenait que dix ou douze élèves, comme cela se pratiquait dans l'Inde ancienne, c'était impossible ; ce l'est d'autant plus de nos jours. La mentalité de notre époque s'y oppose. Les êtres humains sont trop évolués pour recevoir des ordres et les exécuter. Il y a dans les écrits de H.P.B. certaines suggestions que nous devrions soigneusement considérer et appliquer à notre cas.

« La première qualification nécessaire est une foi inébranlable dans ses propres pouvoirs et dans la Divinité intérieure ; sans cette foi un homme ne pourra devenir qu'un médium irresponsable ». Le mot « médium » ne doit pas être pris dans le sens ordinaire que le spiritisme lui attribue, mais comme signifiant un réceptacle recueillant les innombrables pensées, émotions et aspirations des autres, au lieu de développer les siennes propres. Nous sommes dans une large mesure, le réceptacle des idées et des inspirations d'autrui. Que dire des nôtres, si nous les examinons à la lumière de l'enseignement de H.P.B. « Une foi inébranlable dans ses propres pouvoirs et dans la Divinité intérieure » ? Nous sommes souvent désemparés quand nos sentiments instinctifs et nos raisonnements ne s'harmonisent pas avec ceux des autres. Pourquoi faudrait-il que nous ressemblions aux autres ? Nous avons chacun notre ligne de croissance particulière. Nous devons abandonner l'attitude de l'enfant qui s'accroche au tablier de sa mère. Si nous ne le faisons pas, nous ne pourrons pas appliquer à notre cas individuel l'enseignement de H.P.B.

« À travers toute la littérature mystique du monde ancien, nous découvrons la même idée de l'Ésotérisme spirituel ; à savoir que le Dieu personnel n'existe nulle part en dehors de l'adorateur, mais uniquement en lui ».

H.P.B. repoussa toujours énergiquement l'idée d'un Dieu personnel qui se trouverait dans le monde extérieur, mais elle croyait au Dieu personnel qui réside dans le cœur de chaque adorateur. Cette Déité personnelle n'est pas un vain souffle ou une fiction, mais une entité immortelle. C'est en son immortalité que gît la force de l'entité; « une entité immortelle, l'Initiateur des Initiés » : nous devrions réfléchir à cette expression. Nous parlons trop légèrement d'Initiation, et cela parce que nous sommes ignorants à ce sujet. Cette pensée de H.P.B. demande à être méditée. Il y a en nous quelque chose d'immortel, le Dieu personnel, l'Initiateur des Initiés. C'est là une idée essentielle qui requiert une réflexion soutenue. À ses élèves qui se préparent à suivre le Sentier, à chercher le Maître et à s'avancer vers l'Initiation, H.P.B. enseigna délibérément que l'Initiateur est en eux.

« Lorsque l'homme a pu connaître l'« Atman », le Soi, le puissant Seigneur et Protecteur, comme le « Je suis », l'« Ego Sum », l'« Ami », il découvre Son pouvoir tout entier qui se révèle à celui qui sait reconnaître la « petite voix » intérieure. Depuis les temps de l'homme primitif décrits par le premier poète védique jusqu'à notre époque moderne, on ne trouve pas un seul philosophe digne de ce nom qui ne cache dans le silencieux sanctuaire de son cœur cette vérité grandiose et mystérieuse... Acceptons donc cette insistance et remarquons simplement que même dans la phraséologie tourmentée et barbare, du Codex Nazareus nous pressentons la même idée. Semblable à un courant souterrain, rapide et clair, elle coule sans mélanger la « pureté cristalline de ses eaux avec les eaux fangeuses »et troubles du dogmatisme. Nous retrouvons cette idée non seulement dans le Codex mais aussi dans les Védas et dans l'Avesta, dans l'Abhidharma, dans le Sânkhya de Kapila ainsi d'ailleurs que dans le Quatrième Évangile. Nous ne pouvons atteindre le « Royaume des Cieux » à moins de nous unir d'une manière indissoluble à notre Rex Lucis, le Seigneur de Splendeur et de Lumière, le Dieu Immortel qui est en nous. Nous devons avant tout conquérir l'immortalité et « prendre le Royaume des Cieux par la violence », alors qu'il s'offre à notre soi matériel. » (Isis Unveiled,Vol. II, pp. 317-18).

Tout ce passage est d'une très grande inspiration. Nous avons à découvrir l'Être Immortel en nous. C'est Lui qui doit nous initier, c'est Lui qui doit nous apporter la lumière. Cet enseignement de H.P.B. est d'une valeur et d'une importance vitales en ce moment même. Sans la reconnaissance de ce fait principal, central, capital — qu'il existe en nous une entité immortelle dont les activités doivent être amenées à s'exprimer — nous ne pouvons rien faire dans la vie spirituelle. Le Royaume des Cieux ne peut être conquis par la violence que lorsque le Dieu Immortel en nous a été éveillé à l'activité et amené à s'exprimer. C'est pourquoi nous devons Le trouver. Ailleurs, H.P.B. dit qu'Il est le Maître des Maîtres, et qu'il n'y a pas de Maître au-dessus de cette Étincelle Divine et Immortelle qui se trouve en nous. H.P.B. insiste fortement sur le développement des pouvoirs de l'Ego Supérieur. Mais si nous nous examinons sincèrement beaucoup d'entre nous constateront qu'ils dépendent trop des choses extérieures. Celles-ci peuvent être très bonnes, peut-être très précieuses, mais ce sont toujours des choses extérieures. Nous tendons à nous enfoncer dans une ornière fautive de plus en plus profonde. Si nous ne comprenons pas que toutes ces vérités nous sont données pour que nous les appliquions selon notre propre méthode, aucune puissance sur terre ou au ciel ne peut nous aider, sauf nous-mêmes, nous persévérerons dans nos erreurs. Par conséquent, la confiance dans la conscience intérieure, dans le Soi intérieur, est nécessaire.

Nous devrions nous reporter sans cesse à cette série vraiment merveilleuse de qualités énoncées dans la Bhagavad Gîtâ (Chapitre XVI). Elles sont destinées à ceux qui désirent parcourir le Sentier spirituel de l'Illumination. La première d'entre elles est l'Intrépidité. En étudiant ceci à la lumière de ce qui a déjà été dit, nous pouvons nous demander pourquoi l'intrépidité est mise en avant comme première grande qualité nécessaire pour parcourir le Sentier. Nous voyons en étudiant la Gita que le grand effort fourni par Arjuna vise à l'acquisition de l'intrépidité. Mainte et mainte fois, il lui est dit : « Lève-toi donc et combats ». Que signifie cette qualité d'Intrépidité du point de vue du progrès spirituel ? Elle est différente de l'intrépidité ordinaire dont fait preuve le soldat à l'armée, bien que cette qualité soit un reflet de la véritable Intrépidité spirituelle. Elle a une connexion avec ce que H.P.B. appelle l'Entité, le Dieu personnel intérieur. Les deux enseignements sont identiques, bien que donnés en langages différents. Tous deux sont des enseignements spirituels exposant la même vérité.

Pourquoi la crainte nous domine-t-elle ? Parce que nous ne faisons que commencer à développer la première qualité de la vie spirituelle — le discernement. Quand nous sortons du silence de notre méditation sur le Réel, sur le Soi Immortel, pour retourner dans l'obscurité de ce monde, nous nous sentons saisis dans l'engrenage de l'irréel. Aussi longtemps que nous n'aurons pas maîtrisé parfaitement cette qualité du discernement, la crainte imprégnera notre vie. Lorsque nous commençons à discerner entre le réel et l'irréel, nous parvenons graduellement à assigner aux choses leur juste valeur. C'est parce que nous nous fions aux contingences extérieures, que notre discernement et notre détachement sont imparfaits. Nous passons de la forme à la forme, et non de la forme à la vie. La différence entre l'irréel et le réel constitue une différence d'espèce et non de degré. Nous n'en faisons très souvent qu'une différence de degré. Ce n'est pas là vivre la vie spirituelle. Nous devons en faire une différence d'espèce. Nous devons passer de la forme à la vie. Voilà le véritable discernement. La véritable absence de désir implique la compréhension du fait que toutes les choses sont réelles, mais ont des valeurs différentes ; elles ont à remplir des places différentes dans l'univers. C'est ainsi que, pour mener la vie spirituelle, le véritable détachement est nécessaire.

Mais que faisons-nous habituellement ? Nous passons d'un objet à l'autre et laissons sommeiller la conscience intérieure. Nous croyons goûter l'illumination spirituelle quand nous traversons divers stades et prenons contact avec de nombreuses formes en récoltant les expériences que la vie extérieure a pour mission de nous donner. L'individu humain — le moi en nous — a deux pôles. Ce « Moi » est continuellement affecté par le pôle inférieur. Nous ne touchons pas le pôle spirituel en nous, mais nous nous attachons constamment au pôle matériel. Les choses extérieures nous dominent, au lieu que ce soit nous qui les dominions.

Nous devons donc être intrépides au point de vue spirituel. Nous devons avoir une retraite, une forteresse où nous puissions aller consulter notre État-Major— le Général qui commande dans la forteresse ; sans prendre directement part au combat, il nous dirige, nous guide et nous dévoile le plan de campagne. C'est de là que nous viennent la force et l'énergie spirituelles qui nous permettent de poursuivre la lutte et de « tenir ». Sans cette attitude, nous ne pouvons « prendre le royaume des cieux par la violence ». Nous devons avoir de la force pour le faire, sans quoi ce sera lui qui nous prendra par la violence. C'est ce qui se produit constamment. Il se livre, pourrait-on dire, un combat entre les différentes natures de l'univers. Nous, qui nous identifions avec le monde matériel, nous avons le dessous à chaque fois; c'est ainsi que l'intrépidité doit être la qualité qui libère les hommes.

« Plus puissant que le destin est l'effort » ; voilà un enseignement qu'on répète sans cesse; il est exact si nous nous identifions avec le pôle spirituel, mais il est faux si nous nous identifions au pôle matériel.

Ainsi, dans nos méditations, dans nos études, dans notre vie quotidienne, nous devrions nous efforcer de trouver et d'exprimer le Soi Intérieur, sans trop nous en remettre aux choses extérieures. Trouvons notre propre Sentier, ne suivons pas la piste tracée par les autres. L'enfant, quand il grandit, découvre sa voie, sa tâche personnelle, ses propres compagnons, sa propre philosophie. Nous sommes trop portés à compter sur des chefs de file et, au lieu de prendre une partie du fardeau, nous confions aux Maîtres notre propre charge, et parfois les Maîtres doivent nous repousser. Le grand Karma du monde pèse sur les épaules des Maîtres; nous devrions le Leur alléger, non pas y ajouter des fardeaux supplémentaires. Soyons donc prêts à supporter notre propre Karma.

Ceci nous amène à la question de l'état de Disciple et de la recherche du Maître. L'état de disciple n'est pas du domaine de la personnalité, à moins que cette personnalité ne soit contrôlée par l'ego, et que l'ego ne commence à s'exprimer dans la personnalité. Nous pouvons parler de l'état de Disciple, en faire un sujet agréable de discussion, mais parvenir au point où le véritable pouvoir du Maître agit en nous et par nous, reste une impossibilité tant que cela n'est pas accompli.

Le premier point requis, comme l'a dit H.P.B. consiste à trouver l'Entité Intérieure, ce Régent Immortel, cet Initiateur des Initiés. Ce travail doit se faire selon des stades définis — d'abord une conception claire de l'œuvre à accomplir, ensuite l'application constante de la doctrine du Régent Intérieur, non seulement dans la méditation et l'étude mais aussi dans la vie journalière. En matière de jugement, cherchons à agir à la lumière de ce qui nous vient de l'intérieur. Il importe peu que nous commettions des erreurs, nous avons tous fait des chutes dans le passé et nous pourrons toujours nous relever et continuer notre route. Si nous sommes sages, nous profitons de la leçon que nous donnent les erreurs des autres. C'est une façon de progresser, mais nous avons tellement de personnalité que nous sommes incapables de percevoir les grandes Vérités. Suivons donc cette voix intérieure de la conscience ; même si elle n'est pas la toute sagesse, elle est notre conscience ; elle est ce que nous avons de meilleur en nous, et c'est pourquoi la meilleure méthode à suivre dans la vie spirituelle c'est d'écouter cette voix et de la suivre.

Nous comptons trop sur les choses extérieures, et c'est là la raison pour laquelle nous ne faisons pas de progrès.

Nous pouvons étudier livre sur livre, trouver des nouvelles voies de Service; mais tout ceci ne nous mènera pas à la vie spirituelle. Nous passons d'une forme à l'autre, alors que nous devrions procéder de la forme à la vie ; c'est au fond de nous-mêmes que nous trouverons le Régent que le feu ne peut consumer, que l'eau ne peut noyer, ni le vent disperser. Il .est toujours présent à l'intérieur, perpétuel, éternel, nous aidant et nous guidant quand nous avons besoin d'aide et de guide. Trouver ce Dieu en nous — voilà la première étape à réaliser. Nous devons situer notre vie dans le monde des Dieux; nous devons découvrir le plan où vivent les Maîtres et le faire nôtre. Leur monde est un monde de Vie, de Lumière et d'Immortalité. C'est là seulement que nous Les trouverons. On peut découvrir des traces de Leur présence de-ci, de-là, dans le monde, mais on ne Les y trouve pas eux-mêmes. Notre tâche consiste à découvrir notre Régent Immortel, notre Soi, et à aller ensuite dans le monde pour lui apporter le royaume des cieux. L'esclavage est mauvais et l'esclavage spirituel est le pire de tous les esclavages [voir note 1].

Voilà la grande idée centrale de la vie spirituelle. Si nous ne la vivons pas nous ne ferons pas de progrès. Nous passerons d'une forme à l'autre, et dans la longue suite de l'évolution, quand nous arriverons sur le septième globe de la septième ronde, nous pourrons enfin nous trouver nous-mêmes.

Mais nous voulons hâter notre évolution ; nous voulons faire aujourd'hui ce que l'humanité ordinaire fera dans un lointain avenir. Donnons donc, en offrande aux Maîtres qui aspirent à nous aider, nos méditations, nos études, notre vie quotidienne. Éveillons le Seigneur endormi en nous, et les Maîtres de Compassion qui veillent sans cesse nous aideront à libérer le monde des liens de l'esclavage spirituel.

B.P. Wadia

Note

[1] Voici un extrait de l'article de Blavatsky "L'Occultisme pratique" qui indique le danger d'une spiritualité détournée : " ... L'Occultisme n'est pas la magie. Il est comparativement aisé d'apprendre les tours de magie et les méthodes grâce auxquelles les forces subtiles, mais encore matérielles, de la nature physique peuvent être employées ; les pouvoirs de l'âme animale dans l'homme sont rapidement éveillés ; les forces que son amour, sa haine, sa colère peuvent faire naître, sont développées en peu de temps. Mais c'est là de la Magie noire, de la Sorcellerie. Car c'est le motif, et le motif seul, qui fait de l'exercice d'un pouvoir de la Magie noire et malfaisante, ou de la Magie blanche bienfaisante. Il est impossible d'employer des forces spirituelles, s'il subsiste la plus petite trace d'égoïsme dans l'opérateur. Car, à moins que l'intention soit tout à fait pure, le spirituel se transforme en psychique, agit sur le plan astral, et des résultats terribles peuvent en résulter. Les pouvoirs et les forces de la nature animale peuvent être employés par les égoïstes et les êtres portés à la vengeance, comme par les natures généreuses et magnanimes ; les pouvoirs et les forces de l'esprit ne s'acquièrent que par ceux qui sont de cœur parfaitement pur, et c'est la MAGIE DIVINE. ... " [retour texte]